#CLIP Fête des pères, confinement et indispensabilité : oui au congé paternité !


clip, Culture Georgette, Nos actions / vendredi, juin 19th, 2020

Communiqué de presse Georgette Sand 
Paris, le 20 juin 2020 – À l’occasion de la Fête des pères ce dimanche 21 juin, Georgette Sand vous offre “mon bébé arrive”, un nouveau clip parodique hommage à Freddie Mercury (Queen) et dédié à la charge domestique partagée : au programme, lutter contre des trajectoires d’indispensabilité antagonistes qui entretiennent chez les femmes le sentiment d’être indispensables dans leur foyer, et chez les hommes, celui d’être indispensables au travail.

le nouveau clip Georgette Sand, avec dans les rôles titres, Freddie Mercury, la charge mentale, la République française, le gender gap. Hommage au clip I want to break free (lien) par l’évocation de scènes similaires, avec un Freddie Mercury au meilleur de sa forme et passant l’aspirateur. Merci à nos Freddies internes ! 

Le constat de nombreux parents confinés avec leur nourrisson fraîchement débarqué est sans appel : ces mois leur ont permis de découvrir ensemble joies et fatigues de l’arrivée d’un rejeton, et cela n’aurait pas été possible en temps normal. 

Pourquoi ? Parce que si la mère possède 16 semaines de congé maternité dont 8 obligatoires, soit 112 jours, le second parent, généralement masculin, ne bénéficie, de manière facultative, que de 11 jours de congé paternité, lorsqu’il y a droit (car la parentalité, on est d’accord que c’est comme le reste, plus simple en CDI qu’à son compte). 

Onze jours qui ne permettent pas de mesurer l’étendue du bouleversement de mode de vie qui s’installe avec l’arrivée d’un enfant, et laisse de ce fait progressivement à la mère 72* % de la charge domestique et familiale : s’occuper de l’enfant, des rendez-vous, être sur le qui-vive, ignorer sa fatigue pour ne pas trop accabler le conjoint qui revient le soir exténué de son travail, se construire un rôle indispensable dans ce foyer où l’on reste plus longtemps, parce que la loi le propose, parce que le salaire est plus bas, et parce qu’un héritage historique place les femmes au centre du foyer, quand leur conjoint se rend indispensable au travail. 

Source : Insee, 2010.

Pour beaucoup d’hommes consultés dans le cadre de notre appel à témoignages, il est encore mal vu de prendre ne fussent que ces onze jours. “L’employeur vous félicite, puis régulièrement vous rappelle que vous avez mieux à faire que changer les couches : il faut être productif pour que l’entreprise fonctionne et que l’on vous augmente à présent que vous avez une famille à charge”, raconte Guillaume. 

Beaucoup de pères pensent que leur entreprise ne s’en sortira jamais sans eux, qu’ils sont indispensables. S’absenter onze jours dans ces conditions, vous n’y pensez pas ! D’autant plus que ça ne serait pas très viril, d’être chez soi à changer des langes quand les collègues se démènent pour faire des choses vraiment utiles, genre de l’argent. 

En parallèle, de nombreux employeurs ne remplacent pas les départs en congé maternité, entretenant l’idée que même si elle dure quatre mois, l’absence de la mère ne sera pas pénalisante pour la structure. 

Ces deux traitements différenciés amènent donc les disparités suivantes : 

– À la future mère, le sentiment d’être moins utile à l’entreprise :

Ce sentiment est accentué par des mécanismes historiques : il y a quelques décennies seulement, les femmes ne pouvaient travailler sans l’autorisation de leur mari. L’éducation et la socialisation des femmes impliquent également chez elles une confiance en soi moins élevée, une forte propension à l’autocensure et un sentiment d’imposture très fréquents. Lesquels ont déjà initialement eu un impact lors de la négociation salariale. Ces mécanismes entretiennent enfin l’idée selon laquelle les femmes, tout occupées à leur maternité, seraient moins impliquées dans leur travail que leurs homologues masculins. Dans ces conditions, pourquoi se donner la peine de les rémunérer à leur juste valeur ?

– Au futur père, le sentiment d’être devenu un héros en charge du foyer : Travaille, gagne l’argent ! De nombreux employeurs encouragent cet état d’esprit, qui va accentuer chez le futur père à la fois sa responsabilité, ce qui est fort bien, mais également le fait que sa responsabilité ne va pas tout à fait se nicher au bon endroit, puisqu’un futur père se révèle plus indispensable au domicile qu’à son travail. Et de fait, les crises financières, la précarisation travail et enfin le confinement ont montré que nul n’est indispensable dans le monde du travail. 

Georgette Sand demande à l’Etat français  : 
un allongement du temps dédié à l’accueil d’un enfant pour le second parent sur le même modèle que les pays scandinaves, lesquels ont démontré que ces réformes diminuent les tensions familiales, les inégalités de prise en charge domestique, la charge mentale, et les  inégalités professionnelles
– ce congé obligatoire pour le deuxième parent et de même durée que pour le premier impliquerait également un congé pré-natal 
– une sensibilisation au sujet du rôle des deux parents dès l’école mais également au niveau de l’entreprise, afin que les départements RH soient vigilants sur l’environnement des jeunes parents. 
Remerciements :
Freddie Mercury (Queen) pour son génie,
Estelle Géraud pour les décors et paroles,
Fred Skitty et Lucien Rouiller pour le son (montage et chant),
Marguerite Nebelsztein pour l’image,
Anthony Belliot pour le montage vidéo,
les rues de Saumur,
les membres enthousiastes du collectif Georgette Sand,
Lubitsch le chaton

Contact presse 

Estelle Géraud 06.34.75.76.56
Marguerite Nebelsztein 06.84.56.17.64 / twitter @MNebelsztein
Fayrouz Lamotte 06.46.73.00.74
Ophélie Latil 06.67.11.77.51 / twitter @ophelielatil

Autre initiative Georgette Sand autour de la fête des pères à Clermont-Ferrand :

FÊTE DES PÈRES A CLERMONT-FERRAND

« Le parcours des combattantes » est une initiative impulsée par le collectif Guerilla Girls, à Clermont-Ferrand, pour mettre en lumière des commerces indépendants tenus par des femmes et valoriser les efforts qui leur ont été nécessaires pour la (ré)ouverture de leurs boutiques et/ou de leurs activités. Le parcours est associé à Georgette Sand, qui y propose des quizz éducatifs et historiques, pour aller plus loin qu’un simple fléchage commercial.

Imaginé et créé à l’occasion du déconfinement et de la Fête des Mères, le parcours se prolonge pour la Fête des Pères : atelier couture et tricot, sélection de livres féministes, articles de puériculture, vêtements et parfums unisexes (et tous fabriqués en France), l’idée est de proposer des idées cadeaux à l’opposé du déterminisme de genre. Le quizz reste volontairement inchangé, alimenté par de nouvelles vignettes correspondant aux nouvelles adresses ajouté dans le parcours. (ci dessous)